MOHAMMED AL QUDWA QUDWA TOUJOURS BLOQUÉ AU CAIRE, FAUTE DE VISA
Poète palestinien, lauréat du programme de résidences Sawa Sawa de l'Institut français de Jérusalem, Mohammed Al Qudwa devait se venir en France pour des résidences de création au Passages Transfestival à Metz, au Théâtre Dijon Bourgogne et au NEST — CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est.
La mobilisation pour tenter de débloquer la situation continue et la presse en parle !
Lire les articles :
- Le Bien public (28.03.25)
- Le Républicain lorrain (25.03.25)
- La Semaine (24.03.25)
- Actualitte.com (21.03.25)
En attendant, Mohammed écrit...
عنوان النص: ظلٌّ فوق رصيف الوقت
أحترفُ الإنتظارَ
لأنّي
لا أملكُ غيرَه
ودائمًا ما يُجيبني
باللاشيء.
مرّةً عندما كنتُ طفلًا
انتظرتُ البحرَ
كيّ يهدأ
وأتعلمُ بعدها السباحةَ،
حينَ لَمَسَتْ قَدَميَّ
مياهَ الشاطئِ
تلاشى كأنّه ندىً
فوقَ الزجاج
انتظرَني طيلةَ الليلِ
ولم آتِ
فَرحل.
وأخرى عندما صرتُ شابًا،
انتظرتُ أبي
كيّ أعبرَ الطريقَ معه،
أذكر أنّي كلما احتجتُ
قَطعَ الرّصيفِ
قاطعتُ يدي بإصبعٍ منهُ
كانَ التشققُ فيها
كافيًا، آمنًا
مليئًا بمرادفاتِ الحياة،
لكنّي
منذُ عامينِ فأكثر
انتظرُ عندَ الإشارة
دقيقةً أو اثنتينِ،
ولا شيء منكَ يأتي
ولا حتى عينيك.
في الحربِ
انتظرتُ الموتَ كثيرًا.
بحثتُ عن ريحانةٍ
كيّ تغتالني
ونسيمُ رائِحتها فيّ،
لكنّي
لا زلتُ أنتظر.
والآن أترقبُ ذكرى
كيّ أعودَ فيها
وأجلسُ بين مقلتيّ حَبيبتي
كيّ تناولني البحرَ على مهلٍ
وأحتسي من الشاطئٍ موجًا
كلما طَوى شيئًا منهُ
حَدَّثَني عن آخرِ موعدٍ
كنتُ فيهِ أنتظرُكِ
ولم تأتِ.
Ombre errante sur le quai du temps
(Traduit par Omaima Machkour)
Je suis maître de l'attente,
Car je ne possède rien d'autre.
Et elle, toujours,
Me renvoie au vide.
Un jour, encore enfant,
J'ai attendu que la mer se calme
Pour apprendre à nager.
Mais dès que mes pieds ont effleuré le rivage,
Elle s'est évaporée,
Comme une perle de rosée
Qui, sur la vitre,
Toute la nuit, m'attendait.
Mais n'ayant pas surgi,
Elle s'est éteinte.
Plus tard, jeune homme,
J'ai attendu mon père
Pour traverser la route à ses côtés.
Je me souviens qu'à chaque fois que
Je devais fouler le trottoir,
Ma main s'agrippait à l'un de ses doigts,
Dont les fissures
Me rassuraient,
Et s'animaient des synonymes de la vie.
Mais cela fait deux ans
Que mon attente au feu rouge dure,
Une minute, parfois deux…
Et rien de toi ne vient.
Pas même ton regard.
Dans la guerre,
La mort m’a fait languir.
J'ai cherché un brin de basilic,
Pour qu'il me fende le cœur,
Son parfum, encore en moi,
Mais j'attends toujours.
À présent, je guette un souvenir,
Pour y revenir,
Et m'asseoir entre les yeux de ma bien-aimée,
Qu'elle me serve la mer à loisir,
Que je sirote les vagues
qui, chaque fois qu'elles se retirent,
me parlent
du dernier rendez-vous,
Où je t'ai attendue,
Et tu n'es pas venue.